Célébrons 20 ans d’aide aux femmes d’affaires

Par Brigitte Audet Martin

Il y a 20 ans, Affaires mondiales Canada lançait le programme Femmes d’affaires en commerce international (FACI). Les raisons de célébrer cet anniversaire sont nombreuses.

Chapeauté par le Service des délégués commerciaux du Canada (SDC), le programme FACI a aidé des centaines de Canadiennes à atteindre leurs objectifs commerciaux internationaux. Que ce soit par son site Web étoffé, aussi bien que par ses missions commerciales expressément conçues pour des entreprises appartenant à des femmes, le programme FACI constitue un important volet du SDC. Il fournit aux femmes entrepreneures des outils qui leur ouvrent des portes sur les marchés mondiaux.

Ces missions commerciales ont aidé des femmes à obtenir des contrats valant des millions de dollars, indique Josie Mousseau, qui dirige le programme FACI. Actuellement, FACI organise au moins deux missions chaque année. La formule de la mission commerciale donne l’occasion aux femmes de faire du réseautage avec des gens d’affaires et des clients potentiels ainsi que de rencontrer d’autres femmes d’affaires canadiennes. Le SDC leur vient en aide de plusieurs façons, notamment en organisant des réunions d’affaires en tête-à-tête et en aidant les femmes à perfectionner leur indispensable « discours d’ascenseur » pour savoir faire bonne impression.

« Souvent, les femmes d’affaires ne sont pas très douées pour promouvoir elles-mêmes leurs produits et services. Les missions sont très efficaces, car elles mettent les femmes d’affaires en contact avec les bonnes personnes, explique Mme Mousseau. Nous avons reçu de nombreux commentaires positifs. C’est une excellente occasion pour les femmes d’affaires qui sont prêtes à exporter, mais qui n’ont pas encore commencé, d’aller sur place dans un environnement où elles sont à l’aise et se sentent soutenues. »

FACI offre beaucoup de formations et d’encadrement avant chaque mission commerciale : des webinaires, des conseils et des renseignements sont donnés sur ce à quoi s’attendre et comment en tirer le maximum.

« Nous parlons de ce qu’elles ont besoin de savoir en mettant l’accent sur leur argumentaire de vente, c’est-à-dire comment représenter leur entreprise devant ces autres entreprises, et les types d’entreprises qui existent ailleurs », indique Mme Mousseau, en ajoutant qu’il revient également aux femmes d’affaires de « faire leurs devoirs avant le départ ».

Paige Kirk, Lynne Thomson, Josie Mousseau, Edith Morency, Miriam López-Arbour
L’équipe FACI est prête à vous aider : Paige Kirk, Lynne Thomson, Josie Mousseau, Edith Morency and Miriam López-Arbour

Certains se demandent pourquoi il est nécessaire d’organiser des missions commerciales uniquement pour les femmes, puisque des missions commerciales qui incluent des hommes et des femmes sont offertes. Mme Mousseau affirme que « la grande majorité des femmes préfèrent les missions commerciales réservées aux femmes. L’avantage est qu’elles peuvent se soutenir beaucoup mutuellement. Ce n’est pas la loi de la jungle. »

Une fois qu’elles ont fait connaissance lors des séances d’accueil, les participantes ont envie de s’entraider, affirme Mme Mousseau. Par exemple, au cours d’une rencontre individuelle avec un client potentiel, une femme a parlé d’une autre participante qui pourrait l’aider et a remis à son contact la carte professionnelle de cette femme. Un tel soutien mutuel entre les participantes n’est pas rare, dit-elle, et bien des participantes reviennent régulièrement.

« Même celles qui font déjà de l’exportation et dont l’entreprise a un chiffre d’affaires de plusieurs millions de dollars aiment participer à nos missions. Elles apprécient le réseau de soutien », affirme Mme Mousseau. Elle ajoute que le programme FACI attire beaucoup de nouvelles clientes, car les anciennes participantes en parlent à leurs amies et contacts. « Elles aiment que le gouvernement du Canada encourage les femmes qui participent comme bons fournisseurs aux chaînes de valeur mondiales. Cela en dit long. » Les missions commerciales sont généralement dirigées par des ministres ou d’autres hauts fonctionnaires, ce qui leur donne une visibilité importante.

Le programme FACI a découlé d’une initiative de 1997 qui visait à mobiliser des ressources pour aider les femmes entrepreneures. L’ambassade du Canada à Washington a organisé la première mission commerciale pour femmes seulement en novembre 1997. Sergio Marchi, ministre du Commerce international de l’époque, a mené une délégation de 125 femmes à Washington. L’événement a été un succès : cinq entreprises ont signé des contrats d’une valeur de plus de 10 millions de dollars et de nombreuses autres ont établi des contacts précieux.

« Le programme FACI a continué à se développer au fil des ans », indique Mme Mousseau, qui s’est jointe à l’équipe du programme en 2009. Il y a environ six ans, soit en 2011, elle a remarqué que les femmes entrepreneures étaient devenues un sujet d’actualité qui, cette année-là, suscitait de plus en plus d’intérêt avec la participation d’une délégation du Canada au Sommet sur les femmes et l’économie de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) à San Francisco. Ce sommet était animé par Hillary Clinton, alors secrétaire d’État des États-Unis.

À cette époque, les grandes banques canadiennes ont publié des études sur les femmes entrepreneures, « sur cette clientèle et ce qu’elle peut apporter à l’économie canadienne. On peut dire que c’est à ce moment que tout a vraiment commencé et que les femmes entrepreneures ont été propulsées à l’avant-plan », affirme-t-elle.

Selon ces études, bien que le nombre de femmes entrepreneures soit en pleine croissance — même si cette croissance est lente — au Canada, il ne représente qu’un petit pourcentage des propriétaires de petites entreprises et, à ce titre, révèle une « ressource inexploitée ». Par exemple, selon une étude réalisée par Laura Cooper, économiste à la Banque Royale du Canada, les entreprises appartenant à des femmes représentaient 15,6 p. 100 de toutes les petites et moyennes entreprises (PME) au Canada en 2011, une croissance par rapport à 14,9 p. 100 en 2007 et à 13,7 p. 100 en 2004.

« Les femmes entrepreneures en tant que facteur socioéconomique continuent d’être un sujet de plus en plus d’actualité », indique Mme Mousseau, qui relève que, plus tôt cette année, le premier ministre Justin Trudeau et le président américain Donald Trump ont annoncé la création d’un Conseil canado-américain pour l’avancement des femmes entrepreneures et chefs d’entreprise. L’initiative conjointe vise à favoriser la croissance économique et la compétitivité en soutenant les entreprises appartenant à des femmes.

La contribution et les besoins des femmes entrepreneures sont mieux connus qu’il y a vingt ans, mais il y a encore du travail à faire.

« Les besoins n’ont pas changé, mais il est clair qu’il a eu beaucoup d’améliorations dans la compréhension des besoins des PME au fil des ans, affirme Mme Mousseau. Et l’amélioration fait partie des discussions et des conversations. Si vous ne discutez pas des femmes d’affaires, de leurs besoins et de leur participation accrue dans l’exportation en raison de leur nombre grandissant, alors comment espérez-vous faire progresser la situation? »

L’appui de collègues délégués commerciaux autour du monde est encourageant, affirme Mme Mousseau, qui précise que beaucoup sont abonnés au bulletin du programme FACI et participent aux groupes de discussion sur LinkedIn. Un grand nombre appuient aussi le mandat de FACI en participant aux diverses activités.

« C’est très gratifiant, car je sais qu’ils ont compris, qu’ils veulent aider et qu’ils veulent voir les femmes d’affaires réussir. Ils le démontrent de bien des façons, par exemple en demandant d’autres exemplaires de notre bulletin d’information, en allant à des activités et en présentant le Canada comme un chef de file mondial en matière de soutien aux femmes d’affaires. »

En plus de souligner le travail de l’équipe FACI, Mme Mousseau fait l’éloge de nombreuses personnes, y compris les politiciens, les fonctionnaires et les entrepreneurs, qui contribuent au succès des femmes d’affaires.

« Ces personnes se sentent responsables. Elles sont prêtes à se battre pour la cause, elles veulent la défendre, indique Mme Mousseau. Si on n’en parle pas, rien ne se produira. Il s’agit donc de passer le mot, et ça ne pourra que prendre de l’ampleur. Le potentiel est si grand! Des études ont indiqué que les femmes contribuent à la croissance économique en créant des emplois et bien plus encore. »

Les initiatives sur la diversité des fournisseurs qui sont menées par les grandes sociétés jouent également un rôle clé pour uniformiser les règles du jeu en faveur des femmes d’affaires. « C’est un formidable levier qui permet aux femmes d’entrer dans les sociétés, car la plupart des entreprises Fortune 500 ont un programme de diversité des fournisseurs », affirme Mme Mousseau. Par exemple, les programmes de diversification des fournisseurs demandent souvent qu’une entreprise soit officiellement accréditée comme appartenant à une femme.

De nouveaux aspects restent à exploiter, indique Mme Mousseau. Par exemple, maintenant que le programme FACI a organisé de nombreuses missions commerciales avec succès en Amérique du Nord, il se tourne vers de nouveaux marchés, comme l’Europe, compte tenu de la récente signature de l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne. Il est également prioritaire de mieux faire connaître les services offerts aux femmes d’affaires auprès des entrepreneurs canadiens, fait remarquer Mme Mousseau.

« Nous cherchons sans relâche à trouver des moyens pour mieux répondre aux besoins des femmes d’affaires afin qu’elles puissent faire prospérer leur entreprise et percer les marchés mondiaux. »

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