Libérer le pouvoir de la nature pour nourrir la planète

Par Mary Gooderham

Des technologies qui améliorent la santé et accroissent le rendement des plantes sans utiliser de produits chimiques ou de fertilisants retiennent l’attention dans le monde de l’agrotechnologie, et elles sont le produit d’une petite entreprise canadienne centrée sur l’agriculture et la production alimentaire innovatrices et durables.

Terramera est une entreprise de pointe en agrobiologie et en technologie propre établie à Vancouver qui crée des produits hautement performants à base de végétaux. L’entreprise élabore des solutions plus sûres et plus efficaces pour la santé publique, la production alimentaire durable et la santé des abeilles, en exploitant le pouvoir des défenses naturelles des plantes contre les parasites et les maladies, explique Karn Manhas, président-directeur général et fondateur.

De solutions pour exterminer les punaises de lit jusqu’à des additifs qui promettent de rendre l’agriculture biologique plus abordable et plus courante, les produits de l’entreprise ont attiré l’attention et des investissements importants sur la scène internationale.

Avec le soutien du Service des délégués commerciaux (SDC) du Canada à Chicago, cette nouvelle entreprise a amassé près de 20 millions de dollars dans le cadre d’une ronde de financement de série A menée par Seed 2 Growth (S2G) Ventures, une société de capital de risque implantée à Chicago qui investit dans l’alimentation et l’agriculture durables. Un financement de série A constitue habituellement la première ronde de financement accordée à une nouvelle entreprise, après les capitaux de démarrage.

« Beaucoup de possibilités s’offrent à nous », affirme M. Manhas. Terramera, fondée en 2010, compte aujourd’hui 44 employés, soit le double de l’an dernier. « Cet investissement nous permet de poursuivre notre croissance rapide, de financer des produits pour les commercialiser et de soutenir l’avancement de Terramera en tant que chef de file de la technologie durable. »

Terramera a établi des plateformes exclusives qui stabilisent et expédient des produits biochimiques complexes dérivés de plantes comme les fruits et graines pressés à froid du margousier, un arbre tropical à feuillage persistant originaire de l’Asie du Sud. Ses technologies améliorent l’efficacité et le rendement des matières biologiques de façon à ce qu’elles fonctionnent encore mieux que les produits synthétiques conventionnels pour protéger contre les parasites et les maladies, tout en favorisant la santé des plantes et en augmentant le rendement agricole.

Sa gamme de produits destinés aux consommateurs, nommée Proof, offre les seuls produits homologués par l’Agence américaine de protection de l’environnement qui soient entièrement efficaces contre les acariens, les punaises de lit et leurs œufs, soutient M. Manhas. Les produits agricoles de Terramera, en cours d’élaboration, augmentent la durabilité et la rentabilité des fermes conventionnelles et peuvent aider les agriculteurs à faire la transition vers la culture biologique de façon rentable.

Terramera a été sélectionnée par le SDC à Chicago en 2014 et en 2015 pour faire partie de la délégation et de la programmation du Canada au salon Ag Innovation, une conférence qui a lieu chaque année à Saint-Louis, au Missouri. Là, les entreprises peuvent rencontrer des investisseurs en capital de risque. M. Manhas explique que le SDC a offert à l’entreprise un appui extraordinaire à cette occasion, en tenant des séances stratégiques préalables à la conférence, puis en aidant Terramera à peaufiner son message, « lequel n’est pas toujours facile à faire comprendre ».

La technologie de Terramera permet de régler des problèmes liés à certains produits dits « biologiques », comme le fait que ce produits n’agissent pas toujours de façon aussi efficace ou constante que des produits chimiques synthétiques pour lutter contre les organismes nuisibles et les maladies, et qu’ils peuvent coûter plus cher et être plus difficiles à utiliser, explique M. Manhas. Il affirme que le fait d’avoir réuni tous ces éléments dans une courte présentation puis de l’avoir communiquée aux bonnes personnes s’est révélé très utile.

« Nous avons été en mesure de parler de la raison d’être de notre entreprise aux investisseurs et aux participants. Les gens ont manifesté beaucoup d’intérêt, ce qui a mis la machine en marche. »

La technologie de l’entreprise « attire bon nombre d’agriculteurs, puisqu’on fait un grand pas vers la durabilité et un environnement plus sain », fait remarquer Alexis Roy, délégué commercial à Chicago. « L’un des plus grands défis pour notre planète est de savoir comment nourrir une plus grande population à partir des mêmes ressources, voire, dans certains cas, d’une plus faible réserve de ressources. Terramera tente de résoudre ce problème de manière durable. »

M. Roy a aidé l’entreprise à rédiger sa présentation et lui a fourni d’importantes notions élémentaires. En tant que gestionnaire de placements et d’innovations, il appuie les jeunes entreprises canadiennes, en particulier des secteurs des technologies agricoles et des sciences de la vie, dans leurs efforts de commercialisation, en plus de faciliter les contacts entre les entreprises comme Terramera et les ressources régionales tels que les investisseurs en capital de risque, les formateurs et les mentors.

« Le Midwest est considéré par de nombreuses personnes comme étant le point central des technologies agricoles, indique M. Roy. Les occasions sont nombreuses, ici, pour les entreprises canadiennes de rencontrer les bons partenaires pouvant les aider à commercialiser leurs technologies et à les mettre sur le marché. »

La région comprend un mélange de grandes sociétés innovatrices en recherche et développement comme Monsanto, John Deere, Dow et Cargill, d’investisseurs à la recherche de « la prochaine nouveauté » et d’agriculteurs innovateurs désireux d’essayer de nouvelles technologies, affirme M. Roy.

M. Manhas indique que le financement provenant du fonds industriel S2G Ventures et d’autres investisseurs clés, notamment ACA Investments, une société affiliée de Sumitomo Corporation, ainsi que Bold Capital Partners, Renewal Funds et Maumee Ventures, a dépassé ses attentes.

« En fait, nous avons été “sursouscrits” », indique-t-il, soulignant que l’entreprise envisageait, au départ, d’amasser des fonds de 10 à 12 millions de dollars, mais qu’elle a reçu des offres d’une valeur trois fois supérieure à ce montant. « Nous étions très bien placés. Nous avons pu choisir des investisseurs dont la vision correspondait à la nôtre, et qui cherchaient à accomplir ce que nous voulions accomplir. »

Sanjeev Krishnan, directeur général de S2G Ventures, dit que le partenariat avec Terramera est « tout à fait naturel » et permettra à l’entreprise canadienne de croître. La société de capital de risque recherche des entreprises qui peuvent devenir des chefs de file dans des secteurs nouveaux et à croissance rapide axés sur l’alimentation et l’agriculture.

« Les biopesticides et les biofertilisants, qui représentent à l’heure actuelle une faible part, quoiqu’en forte croissance, du marché des intrants agricoles, constituent la prochaine frontière à surpasser pour l’agriculture durable », a indiqué M. Krishnan, en précisant que l’un des principaux enjeux qui empêchent une adoption plus rapide de ces produits est le rendement. « Terramera a conçu une technologie qui règle ce problème, permettant ainsi aux produits biologiques courants d’agir de façon plus efficace. »

M. Krishnan souligne que Terramera est très bien placée pour agir comme chef de file dans le marché grâce à ses technologies et à ses produits naturels, très efficaces et, plus important encore, plus avantageux sur le plan économique pour les agriculteurs.

Alexis Roy soutient que le succès de Terramera est attribuable aux grands efforts et à la détermination de M. Manhas et de son équipe : « Karn est déterminé et passionné, au sujet de sa technologie. Je suis d’avis que ce sont là deux éléments clés de son succès. »

M. Roy souligne qu’il est essentiel pour les entreprises de consacrer du temps et des efforts à recueillir des fonds, et c’est « quelque chose qu’on ne peut pas faire à temps partiel » et qui doit être appuyé par une solide technologie.

« Il faut rester concentré; réunir des capitaux prend du temps et exige beaucoup de travail, affirme M. Roy. La proposition de valeur doit être claire et concise. On doit se distinguer de ses concurrents. La technologie proposée doit résoudre un réel problème. »

M. Manhas est d’accord : « La clé consiste à avoir dès le départ une idée de l’intérêt suscité et de l’importance du problème que vous réglez. » En même temps, il est crucial pour les petites entreprises de profiter de services comme ceux du SDC et d’entretenir des rapports avec des délégués commerciaux.

Terramera reçoit, aux dires de M. Manhas, « un excellent soutien du SDC sous la forme de conseils, de présentations et de l’établissement de liens organisés par le Canada à l’intention de Chicago, de New York et de San Francisco, et d’autres endroits, en fait, partout où l’entreprise s’est cherché des partenaires, des investisseurs et des clients potentiels. Les délégués commerciaux nous ont certainement révélé des occasions que nous n’aurions pas trouvées sans eux ou des débouchés auxquels nous n’aurions pas pensé. »

Selon Karn Manhas, l’exportation par l’entreprise de ses produits naturels pour la lutte contre les parasites présente déjà un énorme potentiel, notamment chez les principaux détaillants des États-Unis. L’entreprise s’efforce maintenant de commercialiser la technologie dans son réseau, de renforcer son plan d’affaires et de se développer avec l’aide récente du financement institutionnel. « Nous avons un ensemble solide de travaux à exécuter pendant les deux ou trois prochaines années. »

Il espère mettre en marché les premiers produits agricoles, qui généreront des revenus pour l’entreprise, qui lui permettront de passer à un domaine plus vaste (par exemple, Terramera cherche des clients potentiels en Inde) et, finalement, qui l’aideront à avoir une incidence appréciable sur l’environnement.

« Les problèmes que nous nous efforçons de résoudre sont d’envergure mondiale, explique M. Manhas. Nous nous demandons comment utiliser la technologie et l’innovation pour libérer la puissance de la nature et des matériaux naturels, afin de vivre une vie plus saine, de rendre accessibles les aliments non contaminés et de nourrir la planète. Ce sont là des enjeux importants qui concernent tout le monde. »

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