Accélérateurs technologiques : à un tournant décisif

Dans un entretien avec CanadExport, Joshua Kleyman, délégué commercial et coordonnateur de l’Accélérateur technologique canadien (ATC) à New York, parle de la nécessité de réformer de fond en comble le modèle d’incubateur technologique et de ce qui rend les efforts que l’ATC déploie particulièrement exceptionnels et utiles.

Il existe de nombreux accélérateurs technologiques. De fait, ils ont la cote depuis un certain temps, mais des difficultés semblent se profiler à l’horizon. Qu’arrive-t-il?

Dans son ensemble, l’industrie des « accélérateurs » est à un tournant décisif. De nombreuses entreprises en démarrage, tant canadiennes qu’américaines, sont mécontentes de plusieurs accélérateurs auxquels elles ont participé et les investisseurs sont insatisfaits des rendements qu’ils obtiennent.

Qu’est qui est à l’origine du problème?

Les accélérateurs typiques investissent un peu de capital (de 50 000 à 100 000 $) pour une part d’actifs importante dans la société (de 4 à 8 %). Cet investissement n’aide pas la plupart des sociétés, il ne leur sert habituellement qu’à se tenir à flot pour quelques mois. Autrement dit, il ne leur permet que de continuer à fonctionner à leur niveau actuel.

L’objectif de nombreux accélérateurs est d’aider des sociétés à attirer des capitaux complémentaires ou supplémentaires, en général le jour de leur démonstration marquante. Il devient évident que ce modèle ne fonctionne pas et, malgré tout, la plupart des accélérateurs ne modifient pas leurs programmes.

L’ATC en chiffres

Le programme de l’ATC à New York a joué un rôle important pour aider des entreprises de technologie canadiennes en démarrage à s’établir dans les marchés des États‑Unis.

Voici quelques résultats obtenus de 2012 à 2016 :

Anciens clients : 339
Capitaux mobilisés : 351 millions de dollars
Revenus : 95 millions de dollars
Partenariats : 636
Emplois créés : 1 326
Nouveaux bureaux : 60
Partenaires aux États-Unis : New York Times, Microsoft, Google, KPMG, Ville de New York, SendGrid, Silicon Valley Bank, Harvard Alumni Angels, Goldman Sachs

Qu’est-ce que le modèle des ATC a de différent?

L’ATC n’oblige pas les sociétés à accepter un petit investissement pour une part d’actifs importante. Nous voulons que les sociétés conservent la totalité de leurs actifs. Nous ne facturons jamais les sociétés pour des frais de programme, des rencontres avec des gens d’affaires ou des espaces de bureau (nous offrons aux sociétés des espaces sans frais pendant six mois, plus quatre mois par année pour nos anciens clients, pour une durée illimitée).

Plus particulièrement, nous mettons avant tout l’accent sur la vente et le développement commercial. Nous nous assurons que les entreprises ne quittent pas le programme sans avoir un client et une stratégie rentables pour poursuivre leur croissance.

Comment l’ATC fonctionne-t-il au quotidien?

Nous laissons de côté les ateliers de groupe pour offrir une attention individualisée, du mentorat et des rencontres avec des gens d’affaires. Nous laissons tomber les grands événements publics qui ont tendance à ne mousser que la marque de l’Accélérateur tout en offrant très peu de valeur aux entreprises. Tous nos événements sont plutôt intimes, sur invitation seulement, avec un groupe de dirigeants, d’investisseurs et de fonctionnaires triés sur le volet et influents.

Devons-nous nous attendre à d’autres améliorations?

L’ATC modifie et transforme constamment son programme afin de mieux servir les entreprises qui font partie de notre portefeuille.

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